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L'histoire de Michael : Du rétablissement à la réinvention

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La dépendance suit rarement un parcours simple et linéaire. Elle est jalonnée de hauts et de bas, de détours et de rebondissements.

Pour Michael Leahey, la trajectoire de sa carrière florissante contrastait fortement avec une lutte qu’il menait conte l’alcool et qu’il n’a gagné qu’au bout de nombreuses années – et plusieurs tentatives de sevrage.

Michael a grandi à Sudbury, en Ontario. Il se souvient d’avoir eu envie de consommer de l’alcool alors qu’il était très jeune. À l’université, comme bien des jeunes de son âge, il allait à des fêtes et consommait régulièrement de l’alcool, sans considérer cela comme un problème.

Après avoir obtenu son diplôme, Michael a entrepris une carrière dans le domaine des ventes, où l’alcool était omniprésent. Dès son premier jour de travail, des boissons alcoolisées étaient servies au dîner d’accueil, et cette habitude s’est maintenue par la suite. L’alcool était présent pour célébrer les réussites, atténuer les déceptions et tisser des liens. Même les voyages de récompense destinés aux meilleurs vendeurs se déroulaient dans des destinations de rêve où l’alcool coulait à flot et faisait partie de la normalité.

Je buvais une bouteille entière de vin le soir, puis je partais courir 30 kilomètres le lendemain matin.
- Michael

Une double vie

À l’époque, Michael était très fonctionnel. Il savait qu’il buvait trop, mais il semblait en bonne santé et avait une vie professionnelle réussie. « Je buvais une bouteille entière de vin le soir, puis je partais courir 30 kilomètres le lendemain matin », se souvient-il. Alors qu’il projetait l’image d’une personne active et en santé, il avait intérieurement l’impression de mener une double vie.

Michael savait qu’il avait besoin d’aide, mais la culture dans laquelle il vivait et travaillait l’empêchait d’avoir le recul nécessaire. L’alcool était partout – normalisé, encouragé et profondément ancré dans son quotidien.

Lorsque sa santé a commencé à se détériorer, Michael ne pouvait plus ignorer les répercussions de sa consommation. Il était temps de faire le premier pas pour obtenir de l’aide.

Son parcours a débuté par des traitements dans deux centres de désintoxication en Ontario, suivis d’un programme de 30 jours dans un centre de traitement à Antigua. Chaque étape l’a rapproché d’une meilleure compréhension non seulement de sa dépendance, mais aussi de ce qu’exige réellement le rétablissement.

Michael qui court

« J’ai réussi à demander de l’aide »

Pour de nombreuses personnes aux prises avec une dépendance, il est très difficile de demander de l’aide. Il faut du courage pour se tourner vers les autres, mais Michael a réussi à franchir ce pas. « J’ai réussi à demande de l’aide », se souvient-il. « J’ai dit : “Ça ne va pas. J’ai besoin d’aide.” »

Mais même là, la voie à suivre n’était pas évidente. « Ma famille ne savait pas vers qui se tourner. Et honnêtement, moi non plus. »

Les années suivantes ont été ponctuées de nombreuses tentatives de sobriété. « Il m’a fallu quelques tentatives pour arriver à la sobriété », raconte-t-il. « J’ai essayé différents endroits, différentes approches. Certaines ont fonctionné pendant un certain temps, d’autres non. » Au cours de l’une de ses premières démarches de rétablissement, Michael a réalisé à quel point il connaissait mal les effets du sevrage. « Personne ne m’avait expliqué ce qu’était réellement un sevrage de l’alcool », confie-t-il. « J’ai passé près de vingt jours à tremper mes draps de sueur. »

Personne ne m’avait expliqué ce qu’était réellement un sevrage de l’alcool. J’ai passé près de vingt jours à tremper mes draps de sueur.
- Michael

Un nouveau départ en toute sécurité au Royal

Après avoir essayé des options de traitement privées et à l’étranger, Michael s’est tourné vers Le Royal. « J’ai fait des recherches en ligne, j’ai découvert ce que Le Royal offrait et j’ai passé l’appel », raconte-t-il.

Le Programme de traitement de la toxicomanie et des troubles concomitants du Royal offre des traitements et un soutien spécialisés fondés sur des données probantes aux personnes vivant avec un trouble lié à la consommation de substances. Dans le cadre de ce programme, le sevrage est pris en charge médicalement, et les patients bénéficient d’une surveillance étroite ainsi que d’un accompagnement adapté aux répercussions physiques et psychologiques du sevrage. « On est en sécurité, encadré et soutenu par une équipe qui a une véritable expertise en la matière », explique Michael. « C’est pourquoi je le recommande comme point de départ. »

« Vous êtes bien accompagné et en toute sécurité tout au long du sevrage », ajoute-t-il. « Le corps réagit. Il y a de l’anxiété. Mais on vous aide à traverser ces premières étapes. » Au cours de son traitement au Royal, Michael a commencé à mieux comprendre la dépendance. « C’était la première fois que je la considérais réellement comme une maladie. »

« Le sevrage sous supervision médicale constitue souvent une première étape essentielle pour les personnes présentant des troubles liés à l’utilisation de substances complexes », explique Geneviève Côté, directrice des Services de soins aux patients du Programme de psychiatrie générale pour adultes. « Notre programme offre des soins spécialisés afin d’assurer un sevrage sécuritaire aux patients, à les stabiliser et à les diriger vers des traitements de suivi pour qu’ils commencent à reconquérir leur vie face à la dépendance. »

Une nouvelle façon de voir la dépendance

« Ce qui m’a le plus marqué, c’est que Le Royal traitait ma dépendance comme une maladie », affirme Michael. Ce changement de perspective a transformé la façon dont il se voyait et a favorisé son rétablissement. Malgré sa réussite professionnelle, la dépendance avait progressivement pris le contrôle de sa vie. « Peu importe qui vous êtes ou ce que vous faites, que vous viviez dans un refuge ou dans une résidence de luxe », dit-il. « La dépendance ne fait aucune discrimination. »

Au Royal, l’approche de soins holistique, qui tient compte de la santé physique, mentale et émotionnelle, a offert à Michael des bases solides pour commencer à reconstruire sa vie. Cette expérience a également fait naître une réflexion : le programme soutient efficacement le sevrage et le rétablissement, mais qu’en est-il du retour à la vie quotidienne, lorsque réapparaissent les environnements familiers et les éléments déclencheurs?

Le rétablissement n’est pas une étape unique, c’est un parcours. Mon objectif est d’aider les gens à rester en bonne santé, physiquement, mentalement et émotionnellement.
- Michael

Mettre fin à la stigmatisation en racontant son histoire

Michael a transformé cette réflexion en action en devenant accompagnateur certifié en rétablissement et en mettant son expérience au service des autres. Il a fondé Better Now, un programme de rétablissement destiné aux cadres qui repose sur la communauté et les liens humains afin d’aider les personnes à maintenir leur rétablissement à long terme après un sevrage et un traitement pour un trouble lié à la consommation de substances.

Aujourd’hui, Michael parle ouvertement de son parcours, tant des difficultés rencontrées que des progrès accomplis.

« Il m’a fallu quelques essais pour en arriver là », dit-il. « Mais chaque expérience m’a appris quelque chose. Il n’y a pas de solution unique qui convient à tout le monde, et le rétablissement est propre à chaque personne et à ce qui la motive. »

Michael considère que les soins personnels jouent un rôle essentiel dans son rétablissement, lui qui a été athlète pendant la majeure partie de sa vie. « Je fais du sommeil une priorité, je mange sainement et je m’entraîne tous les jours. »

En racontant son histoire, il espère contribuer à réduire la stigmatisation entourant la dépendance et à montrer que le rétablissement est possible, quel que soit votre parcours. « Personne ne choisit de vivre cela », ajoute-t-il. « Mais avec le bon soutien, on peut s’en sortir. »

Au Canada, une personne sur trois vivra avec une maladie mentale ou une dépendance au cours de sa vie.

Malgré la fréquence des troubles mentaux et des problèmes de dépendance, l'accès à des soins efficaces reste hors de portée pour beaucoup. La plupart souffriront en silence ou ne recevront jamais de soins adaptés. C'est inacceptable. Il est urgent d'agir.

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