Comment les parents et les aidants peuvent-ils soutenir leurs adolescents et jeunes adultes?

La santé mentale est un élément essentiel du bien-être et du bonheur, et elle affecte tous les aspects de la vie, par exemple l’apprentissage, les relations, la santé physique ou l’estime de soi. Il est important pour tout le monde d’avoir une bonne santé mentale, mais en particulier les jeunes, parce qu’ils sont confrontés à des défis et à des facteurs de stress uniques.

Les pairs, les membres de la famille et les réseaux sociaux, associés aux inquiétudes liées aux grandes décisions de la vie, à la pression scolaire, au changement climatique, aux problèmes de l’économie et aux questions de justice sociale, peuvent peser lourdement sur les jeunes, qui peuvent se tourner vers la consommation de substances psychoactives ou l’automutilation pour gérer leur détresse émotionnelle, ou encore se désengager complètement. 

Les troubles de santé mentale tels que les troubles de l’humeur et de l’anxiété peuvent également apparaître à l’adolescence et au début de la vingtaine.

Sara Stewart, une travailleuse sociale du Programme de psychiatrie pour les jeunes du Royal, affirme qu’il est important que les parents et les proches soient attentifs aux changements d’habitudes des jeunes et qu’ils gardent les canaux de communication ouverts autant que possible.

Comportements à surveiller et mesures à prendre

Les sentiments de colère, de baisse d’humeur et de stress sont normaux et parfois même bénéfiques. (Par exemple, le stress avant un examen peut renforcer la motivation à étudier.)

« Les sentiments et les émotions nous donnent des informations importantes, nous incitent à agir et peuvent signaler un besoin », explique Mme Stewart, qui souligne que les signes d’apathie peuvent également avoir des causes précises. Les adolescents peuvent sembler apathiques et désintéressés, mais il se sentent peut-être simplement dépassés et paralysés.

Demandez-vous si l’adolescent s’isole de sa famille et de ses amis, s’il a arrêté de participer aux activités qu’il avait l’habitude d’apprécier, s’il néglige son sommeil, son hygiène ou ses soins personnels, s’il parle négativement de lui-même ou s’il projette un sentiment de désespoir. Mme Stewart dit que si l’humeur de votre adolescent interfère avec l’école, son travail ou ses relations pendant plus d’une semaine ou deux, il est temps d’adopter une attitude de « curiosité et d’attention » et de lui poser des questions, très délicatement.

Par exemple :

  1. Qu’est-ce qui te stresse ces derniers temps?
  2. Te sens-tu souvent anxieux? Si oui, qu’est-ce qui déclenche ce sentiment?
  3. Je t’aime et je m’inquiète pour toi. Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider, maintenant ou à l’avenir?

Mme Stewart précise que le fait de demander à votre adolescent s’il se fait du mal ou s’il pense au suicide ne l’incitera pas à faire une tentative de suicide. (Une bonne question pourrait être : « T’es-tu déjà senti triste ou seul au point de vouloir te faire du mal? »)

Si les signes de détresse, de baisse humeur et d’anxiété persistent, l’étape suivante consiste à prendre rendez-vous avec votre médecin de famille. S’il y a un risque immédiat de suicide, Mme Stewart suggère aux parents d’emmener leur adolescent aux urgences.

Si les parents se sentent stressés, effrayés ou incertains de la situation de leur adolescent et qu’ils ont besoin de parler à quelqu’un immédiatement, les lignes de détresse et de crise peuvent offrir un soutien rapide.

Améliorer vos compétences en communication

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Un homme parle avec un adolescent alors qu'il se promène dans un parc.

De nombreux parents ont tendance à se mettre en mode « résolution de problèmes » par défaut lorsqu’ils sont confrontés à une situation difficile avec leur adolescent. Cependant, à mesure que les adolescents grandissent, leurs problèmes deviennent « plus complexes et moins faciles à résoudre par des solutions rapides, parce qu’il s’agit de problèmes émotionnels », explique Robert Nettleton, travailleur social au Programme de psychiatrie pour les jeunes du Royal.

Il n’y a pas de mal à demander simplement : « Cherches-tu des conseils, ou veux-tu simplement que je t’écoute? ».

Parfois, les adolescents ont simplement besoin que quelqu’un les écoute sans les juger et de se sentir entendus lorsqu’ils s’expriment.

Selon M. Nettleton, il est important que les parents apprennent à donner une validation émotionnelle aux jeunes de leur entourage. « Ils n’ont pas besoin de comprendre ni d’être d’accord, mais simplement de compatir et d’indiquer qu’ils ont entendu ce que leur adolescent exprime », précise-t-il. (Cliquez ici pour en savoir plus sur la validation en tant que technique de communication.)

Que peuvent faire les parents si leurs adolescents ne veulent pas parler?

Cela peut être difficile à entendre pour les parents, mais vous devez respecter le silence de vos enfants s’ils ne veulent pas s’ouvrir à vous (au moins pendant un certain temps).

« S’ils veulent juste de l’espace et qu’il n’y a pas de risques imminents, nous ne pouvons rien faire d’autre que de nous informer, donner le bon exemple et rester ouverts », indique M. Nettleton. « S’ils se sentent vraiment dépassés, vous n’aurez probablement pas une conversation fructueuse de toute façon. »

Pensez à réserver une conversation difficile pour un moment où tout le monde sera de meilleure humeur. En attendant, préparez et partagez une collation, ou sortez pour un rendez-vous improvisé autour d’un café et convenez d’en reparler plus tard. Ce sera déjà une bonne façon d’avancer. Ne sous-estimez pas les bienfaits du simple fait de passer du temps ensemble, même s’il n’y a pas de conversations profondes. Le simple fait de savoir que les parents sont disponibles peut être réconfortant pour un adolescent. M. Nettleton appelle cela « le pouvoir de la proximité ». Se rendre en voiture à l’école ou à l’entraînement de natation, ou promener le chien sont autant de bons moments pour entamer une conversation. S’ils refusent votre offre de parler, faites-leur savoir que vous serez disponible quand ils seront prêts.

M. Nettleton rappelle aux parents que même si leur enfant ne veut pas d’aide, cela ne doit pas les empêcher de faire leurs propres recherches et de trouver du soutien pour eux-mêmes.

Nommer les émotions pour mieux les apprivoiser

Voici quelques choses utiles que vous pouvez faire à la maison : normaliser les conversations sur la santé mentale, favoriser l’expression des sentiments et même tout simplement remarquer et nommer les émotions.

Étant donné que les jeunes apprennent à traiter et à gérer leurs expériences grâce à leurs modèles, à leurs parents et aux autres personnes qui s’occupent d’eux, M. Nettleton recommande aux parents de parler ouvertement de leurs propres problèmes de santé mentale et de la façon dont ils les gèrent.

Par exemple : « J’ai eu une journée stressante au travail et je me sens dépassé et anxieux en ce moment. Je vais courir pour canaliser cette inquiétude vers quelque chose de positif et prendre le temps de réfléchir à la manière dont je vais déléguer certains projets. »

N’oubliez pas de prendre aussi soin de vous

Même si l’objectif est que votre adolescent obtienne l’aide dont il a besoin, ne sous-estimez pas l’importance de donner la priorité à votre propre mieux-être.

Une alimentation équilibrée, un sommeil suffisant et une bonne dose d’activité physique sont les fondements d’une bonne santé. En outre, Mme Stewart suggère aux parents et à leurs adolescents de consacrer du temps à des activités qui les comblent, qu’il s’agisse de socialisation ou de promenades en solitaire dans le parc.

« C’est différent pour chacun », dit-elle. « Trouvez ce qui vous permet de vous sentir à la fois calme et revigoré. Je pense que c’est la meilleure façon de prendre soin de soi. »

Quelques conseils pour les parents et tuteurs

  • Lorsque vous posez des questions à votre adolescent parce que vous êtes inquiet, soyez bienveillant et curieux. Il se sentira ainsi aimé et soutenu.
  • Ne prenez pas les réactions de votre adolescent personnellement. Il ne s’agit pas toujours de vous
  • Trouvez du soutien pour vous-même. Il peut s’agir d’un groupe local de parents ou d’une thérapie professionnelle. « Le fait de consulter un thérapeute (pour vous-même) orientera nos enfants dans la bonne direction », affirme Mme Stewart. Si vous parvenez à gérer votre propre stress et votre anxiété, vous serez en meilleure mesure de vous occuper de vos adolescents.

Le Programme de psychiatrie pour les jeunes du Royal s’adresse aux jeunes âgés de 16 à 18 ans. Nous travaillons en partenariat avec le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) afin de fournir les meilleurs soins que possible aux jeunes atteints de troubles psychiatriques majeurs et de maladies mentales complexes. Cliquez ici pour en savoir plus sur les services disponibles au Royal.