Conseils d’expert pour les aidants et les familles : comment poser cette question et soutenir un proche atteint d’un trouble lié à la consommation de substances?

Chris Curry, qui est psychothérapeute autorisé au Royal, animera une séance d’information gratuite le 6 décembre pour aider les familles et les aidants pendant la période des Fêtes. Dans sa présentation, M. Curry abordera certaines des façons dont les troubles liés à la consommation de substances peuvent affecter les familles et donnera des conseils pour encourager des conversations saines entre les membres de la famille.

M. Curry, qui travaille à l’unité de traitement en milieu fermé du Centre correctionnel et de traitement St. Lawrence Valley au Centre de santé mentale de Brockville, possède une vaste expérience dans le domaine de la santé mentale et de la dépendance dans les milieux communautaires, scolaires et de psychiatrie légale. Selon lui, il y a de nombreuses raisons pour lesquelles la période des Fêtes peut être difficile pour les personnes qui luttent contre un problème de consommation de substances.

Pour beaucoup, les Fêtes représentent une période de stress familial accru. Les réunions familiales sont souvent problématiques, surtout lorsque les attentes ne sont pas les mêmes pour chacun. D’un autre côté, la solitude et le manque de soutien familial peuvent également inciter une personne à se tourner vers la consommation de substances. D’autant plus que de nombreuses activités sociales liées à la période de Noël et du Nouvel An sont traditionnellement célébrées avec de l’alcool.

Pour les familles et les aidants, la période des Fêtes est une bonne occasion de parler à leur proche de sa consommation de substances.

Les experts affirment que la franchise est une bonne stratégie, mais l’époque des interventions conflictuelles est révolue. M. Curry recommande de faire preuve d’amour et de compassion en abordant le sujet de la consommation de substances avec un ami ou un proche. Il explique que le rôle d’un aidant n’est pas de réparer, mais de soutenir. Il conseille également aux aidants de ne pas avoir d’idées préconçues sur le rétablissement ou la sobriété.

« Il est très difficile de mettre ses émotions de côté, mais les aidants doivent comprendre que leur proche ne veut pas vivre cela non plus », dit M. Curry.

M. Curry estime que les idées fausses et les mensonges sur les troubles liés à la consommation de substances sont très répandus. Par conséquent, ces troubles sont beaucoup plus stigmatisés que la plupart des autres maladies. Bien qu’il constate que de plus en plus de personnes considèrent les troubles liés à la consommation de substances comme un problème de santé, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire.

M. Curry veut que les gens sachent que les troubles liés à la consommation de substances sont « en grande partie hors du contrôle » des personnes qui en sont atteintes.

« Je pense que beaucoup de personnes ne comprennent pas que les gens ne choisissent pas d’être dépendants », ajoute-t-il. « Une fois que vous êtes dans une dépendance active, vous ne choisissez plus, vous n’en avez plus la capacité. Les substances chimiques de votre cerveau ne se déclenchent pas de la bonne manière et vous n’êtes pas en mesure de prendre ces décisions. » 

Avez-vous du mal à trouver les mots justes pour parler à quelqu’un de sa consommation de substances?

M. Curry suggère que cette question pourrait être un bon point de départ pour une conversation sur la consommation de substances : « J’ai remarqué un changement chez toi, et je m’inquiète pour toi. Est-ce qu’on peut s’asseoir et en discuter? ».

En fonction de la réponse, la question suivante pourrait être : « Qu’est-ce que je peux faire pour te soutenir en ce moment? », plutôt que « Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider à arrêter de consommer? ». Il est possible que la personne n’ait pas l'intention d’arrêter de consommer, et ce n’est pas grave.

« Les personnes qui ont un problème de dépendance ne veulent pas toutes devenir sobres, et c’est quelque chose que les gens doivent parfois accepter », indique M. Curry. « Si ce n’est pas leur moment, vous ne pouvez pas les forcer à le faire et ça ne sert à rien de vous contrarier à ce sujet. »

L’étape suivante consiste à poursuivre la conversation. Les aidants peuvent envisager de suggérer des activités sociales faciles et peu contraignantes avec leur proche. Par exemple, un rendez-vous au cinéma le samedi soir, ou un café une fois par semaine le dimanche matin. Il peut s’agir d’activités simples et peu coûteuses. Juste le fait d’échanger des textos et des mèmes amusants peut contribuer à mettre en place des conditions favorables et un espace sûr pour de futures conversations.

« Le simple fait d’être avec la personne – et de ne pas la juger – est énorme », ajoute M. Curry.

Cliquez ici pour en savoir plus sur la prochaine séance de Chris Curry, intitulée « On peut parler? Comment discuter avec un proche ayant un trouble lié à la consommation de substances ».

 

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Les aidants ne doivent pas ignorer leurs propres besoins et leur mieux-être émotionnel

L’épuisement des aidants est un réel problème, et M. Curry a connu de nombreuses familles qui ont tellement donné d’elles-mêmes qu’il ne leur restait plus rien.

Si nous ne prenons pas soin de nous-mêmes, il est très difficile de prendre soin des autres. Les aidants, en particulier, devraient s’efforcer de manger des repas équilibrés, de bouger un peu et de se reposer correctement, mais c’est souvent difficile, et M. Curry suggère de commencer par une thérapie. Un thérapeute peut enseigner aux aidants à se concentrer sur leurs propres besoins, à fixer des limites et à être mieux armés pour faire face aux situations stressantes.

« La dépendance peut isoler les gens, et un professionnel peut les aider à gérer les émotions compliquées qu’ils ressentent », dit M. Curry, qui ajoute que les groupes de soutien en ligne pour les aidants sont une autre excellente option.